Monthly Archives: March 2012

Culture Jazz reviews by Jean Buzelin

Clean Feed and Intakt - Deux labels qui ne passent pas inaperçus
Ces deux labels, l’un suisse, l’autre portugais, ne passent pas inaperçus sur le site CultureJazz.fr où certaines de leurs productions sont ponctuellement passées en revue ; une petite partie seulement car la cadence élevée de leurs sorties, ajoutée à nos modestes possibilités de chroniques, ne permettent pas de couvrir la totalité de leurs catalogues. Ce qui n’empêche pas d’insister sur le fait que ces deux maisons de disques indépendantes figurent parmi les plus ouvertes, prospectives, inventives, bref, intéressantes, parmi les innombrables compagnies du paysage européen.  On leur prête peu d’attention en France car elles n’ont pas les moyens de se signaler par des encarts publicitaires, des communiqués de presse continus sur internet, et une présence insistante auprès des journalistes qui occupent le haut des médias, revues et radios. Mais cette constatation n’aurait pas vraiment lieu d’être si leurs catalogues respectifs n’en valaient pas la peine. Toutes deux ont une politique voisine : des musiques tournées vers l’avenir et la recherche, tout en restant ancrées dans l’héritage du jazz. D’où la présence, sans aucun ostracisme, de jeunes musiciens orientés vers la création, comme d’artistes confirmés dont l’œuvre s’est affirmée sur des décennies et dont la musique ne s’est jamais figée ; des artistes fidèles à la marque qui les accompagne souvent depuis des années.  Une politique éditoriale rigoureuse, une production particulièrement soignée digne des compagnies les plus prestigieuses (sic), non repliée dans un genre free music pur et dur souvent un peu passéiste, mais ouverte aux musiciens européens comme américains parmi les plus intéressants.  Nous avions présenté Clean Feed il y a bientôt quatre ans, commençons donc par Intakt, qu’anime avec passion Patrik Landolt à Zürich.

Kris Davis –  Aeriol Piano (CF 233)
Une autre pianiste s’installe derrière le clavier. C’est le premier disque en solo sous son nom de la jeune Kris Davis, partenaire de Tony Malaby, et qui a enregistré, déjà chez Clean Feed, avec Ingrid Laubrock et Mary Halvorson (tiens tiens !), un premier disque fort intéressant et très maîtrisé. Assurément, Kris Davis possède son instrument sur le “bout des doigts“, ce qui lui est nécessaire pour développer des pièces recherchées, parfois même assez expérimentales, où la qualité du son n’est jamais laissée de côté, y compris lorsqu’elle aborde le piano préparé. Tantôt vif et nerveux, comme dans le standard All The Things You Are qu’on ne reconnaît guère et qui ouvre le disque, souvent introspectif, laissant de la place aux respirations et aux silences, son jeu peut devenir très rythmique, voire répétitif dans les graves. Une musique requérant attention et respect par son exigence et sa qualité.

Thomas Heberer’s Clarino – Klippe (CF 226)
Musiciens allemands installés à New York, le trompettiste Thomas Heberer (qui a joué dans les orchestres d’Alex Schlippenbach et de Misha Mengelberg) et le contrebassiste Pascal Niggenkemper rencontrent un autre émigré, le clarinettiste belge Joachim Badenhorst. Pour ce trio “de chambre”, Heberer a écrit neuf pièces très élaborées, à la fois pensées, réfléchies, voire méditatives, mais assez cérébrales, jouant sur l’harmonie parfaite et la précision des sonorités. La musique, épurée, jouée tout en retenue, réclame une grande attention de l’auditeur qui ne peut s’appuyer sur aucun rythme ni mélodie explicites, tout est suggéré. Cela ne va pas sans une certaine froideur mais, si un certain type de swing est absent, l’articulation des discours, les timbres, les accents, inscrivent cette pratique dans le champ, certes très large, du jazz contemporain.

Gerry Hemingway Quintet – Riptide (CF227)
On remarque, dans l’histoire du jazz, de grands batteurs leaders, Art Blakey et Max Roach en tête. Gerry Hemingway appartient indiscutablement à cette lignée, dirigeant un quintette (parfois un quartette) depuis 1985 ; quintette qui dure, évolue, se renouvelle. Celui qui se présente à nous est nouveau, même s’il inclut le saxophoniste Ellery Eskelin qui a joué (et enregistré, notamment pour Clean Feed) depuis longtemps avec Hemingway. Ténor solide, qui occupa le devant de la scène il y a quelques années, Eskelin est ici en concurrence, musicale s’entend, avec le clarinettiste et altiste américano-mexicain Oscar Noriega au jeu extrêmement dynamique et vivifiant (notons qu’il a travaillé avec Tom Rainey). Une modernité mainstream parfaitement assumée : solos de guitare assez rock, rythmes puissants… Le Gerry Hemingway Quintet reste une force du jazz d’aujourd’hui.

Scott Fields & Multiple Joyce Orchestra- Moersbow / OZZO (CF 236)
Le guitariste américain Scott Fields faisait partie de la première fournée de disques Clean Feed présentés sur notre site en 2008. Il délaisse ici les cordes pour tenir la baguette et diriger, à Cologne, haut lieu des musiques contemporaines et électroacoustiques, un grand orchestre, sorte de master class qui s’appuie largement sur le James Choice Orchestra, baptisé ici le Multiple Joyce Orchestra (d’où MJQ sur la tranche du digipak !). Il ne s’agit pas d’un big band selon la formation habituelle, mais un assemblage d’instruments divers permettant la plus large palette possible. Ainsi les instruments électroniques sont-ils au premier plan dans Moersbow, pièce qui se déplace en nappes sonores, dédiée au compositeur électronique japonais Merzbow. Mais c’est OZZO, longue composition/proposition en quatre parties d’inégales longueurs, qui occupe l’essentiel du disque. Cette œuvre, qui oscille entre la free music improvisée et la musique contemporaine occidentale, provoque nombre de circulations, flux et reflux, tensions et détentes, passages et superpositions d’instruments. Pas de tempos à proprement parler, mais des interventions instrumentales qui apportent un caractère de jazzité à l’ensemble. _ Pour cela, Fields s’est appuyé sur quelques solistes réputés, comme les saxophonistes Frank Gratkowski et Matthias Schubert, son partenaire habituel, ou le tubiste Carl Ludwig Hübsch.  Au total, une musique complexe, chiadée et raffinée, contrastée et souvent délicate et aérienne (forte présence des flûtes, par exemple), qui peut laisser froid l’amateur de jazz, mais que les auditeurs curieux et sensibles aux musiques contemporaines sauront apprécier.

Notons que tous ces disques, comme l’ensemble des catalogues Intakt et Clean Feed, sont facilement disponibles chez Orkhêstra, le distributeur français indispensable.
http://www.culturejazz.fr/spip.php?article1824

Chicago Reader review by Peter Margasak

Ballister – Mechanisms (CF 245)
On the second Ballister album, Mechanisms (Clean Feed), this scorching local free-jazz trio occasionally indulges in a moment of repose, with saxophonist Dave Rempis shaping muted striations, drummer Paal Nilssen-Love gently scraping his cymbals, and cellist Fred Lonberg-Holm bowing almost serene long tones. But make no mistake: though the the three of them have been working together as Ballister for a couple of years, they don’t seem to be getting tired of going all-out pretty much all the time. The second half of the new album is a 28-minute workout called “Roller Nuts”—most of the group’s titles have a blunt crudity that harks back to early Peter Brötzmann records like Balls and Nipples, just as the energy level of the music does—and it makes me feel like a building is collapsing on me. The members of Ballister have much more to offer than furious freak-outs, though. In each piece they constantly shift gears, changing texture (particularly Lonberg-Holm, who plays his effects pedals as much as his cello), rhythmic feel, and density, which requires them to stay attuned to one another and adjust on the fly—and it’s hard to miss the the exuberant snatches of buoyant, hard-swinging jazz that pop out of the din. Naysayers might say that Ballister—like free jazz in general—is just squawking and noise, but that’s what most unfamiliar music sounds like if you refuse to really listen to it.
http://www.chicagoreader.com/chicago/ballister/Event?oid=5900075

El Intruso reviews by Sergio Piccirilli

Clean Feed x 3: RED Trio + Nate Wooley / Elliott Sharp / Ballister
El sello portugués Clean Feed Records, en sus diez años de existencia y con más de doscientos títulos incorporados a su catálogo, se ha constituido en una de las casas discográficas de mayor importancia en el ámbito del jazz de vanguardia y la música creativa del nuevo milenio. Su riguroso compromiso con la innovación, lo persistente de su producción y la amplitud del rango artístico que congrega han sido ampliamente reconocidos tanto por el público ávido por explorar nuevas fronteras musicales como por la prensa especializada. De hecho, corresponde recordar que Clean Feed resultó el sello más votado por la prensa internacional en las ediciones 2008, 2009, 2010 y 2011 de nuestra encuesta anual. A continuación mencionaremos algunos de los títulos recientemente editados por el sello dirigido por los hermanos Costa:

El primero de los álbumes en cuestión lleva por título Stem y reúne a la notable banda portuguesa RED Trio con el prestigioso trompetista estadounidense Nate Wooley. RED Trio (integrado por Gabriel Ferrandini en batería, Hernani Faustino en contrabajo y Rodrigo Pinheiro en piano) desde su elogiado debut discográfico en 2010 con RED Trio acaparó la atención del público más exigente y demostró infrecuentes cualidades musicales. Más tarde ratificaron virtudes con Empire de 2011, álbum en donde se asociaron con el destacado saxofonista e improvisador británico John Butcher. Ahora, en Stem, prolongan ese espíritu colaborativo con epicentro en el concepto de libre improvisación y composición instantánea que caracteriza al trío pero aumentado por la presencia de uno de los trompetistas más brillantes de nuestro tiempo: Nate Wooley (Nate Wooley Quintet, Seven Storey Mountain, Harris Eisenstadt & Canada Day, Peter Evans/ Nate Wooley Duo).

La segunda entrega a la que haremos referencia se titula Aggregat y pertenece al Elliott Sharp Trio, banda cuya alineación integra a su líder en saxo tenor, saxo soprano y guitarra, Ches Smith (Mary Halvorson Quintet, Los Totopos, Marc Ribot’s Ceramic Dog, etc.) en batería y Brad Jones (The Jazz Passengers, Bobby Previte and the New Bump, Dave Douglas & Keystone, etc.) en bajo. Elliott Sharp, después de haber ocupado un lugar protagónico en la escena del downtown neoyorquino, ha sabido desarrollar y encabezar una seria de proyectos simultáneos que incluyen – entre otros – al Soldier String Quartet, Tectonics, Carbon, Elliott Sharp’s Terraplane y sus innovadoras presentaciones en solo de guitarra. En Aggregat, además de utilizar al saxo como primer instrumento, se orienta en dirección al concepto de trío jazz pero permitiéndose usar su particular vocabulario de improvisación e incorporando algunos guiños de complicidad con la tradición que incluyen, por citar un ejemplo, una pieza en tributo al saxofonista Sonny Rollins.

El último de los lanzamientos de Clean Feed Records a mencionar en esta sección corresponde al trío Ballister y su álbum Mechanisms. Ballister es un proyecto que cuenta con las estelares participaciones de tres de los músicos más destacados de la vanguardia jazzística: el saxofonista Dave Rempis (The Rempis Percussion Quartet, Vandermark 5, The Engines, etc.), el cellista Fred Lonberg-Holm (Vandermark 5, Peter Brötzmann’s Chicago Tentet, Seval, etc.) y el baterista Paal Nilssen-Love (The Thing, Atomic, Territory Band, etc.). En Mechanisms – el segundo álbum del trío tras su debut en 2010 con Bastard String- se funden influencias provenientes de Julius Hemphill, Abdul Wadud, Ornette Coleman’s Prime Time y del Miles Davis de principios de los setenta en comunión con la impronta sonora contemporánea que distingue a la vanguardia de la escena de Chicago.
http://elintruso.com/2012/03/28/clean-feed-red-trio-nate-wooley-elliott-sharp-ballister/

Scrivere di Jazz review by Giuseppe Mavilla

Tony Malaby - Novela, Arrangements by Kris Davis (CF 232)
Il sassofonista Tony Malaby si concede una pausa compositiva e ripone attenzione ad alcuni brani del sue passate produzioni. Di queste ne sceglie sei affidandone la riscrittura degli arrangiamenti alla pianista Kris Davis. Nasce così questo Novela che il musicista originario dell’Arizona, oggi newyorkese d’adozione,  interpreta al soprano e al tenore con la stessa Davis al pianoforte, John Hollenback alla batteria e con una corposa sezione di fiati che vede affiancati: Michael Attias, sax alto; Andrew Hadro, sax baritono; Joachim Badenhorst, clarinetto basso; Ralph Alessi, tromba; Ben Gerstein, trombone. Sei riproposizioni che ridanno linfa nuova a brani già di per se di alta fattura. Ma quello che più colpisce in queste reinterpretazioni sono la varietà delle trame musicali, i continui mutamenti d’atmosfera e le strutture articolate dei brani che alternano momenti lirici caratterizzati  da interventi corali dei fiati, tensioni d’avanguardia, geometrie da big band e suggestivi ambient bandistici in varie occasioni sfaccettate da umori circensi. In tutto questo risalta in modo preponderante il lavoro svolto dai fiati il cui front-line è l’elemento caratterizzante l’intera produzione, opposto ai contrappunti vigorosi espressi dagli interventi al pianoforte della Davis che a giudicare dal risultato finale ha saputo assolvere in modo ottimale all’incarico affidatogli da Malaby. Questi, dal canto suo, da, ancora una volta, ampia dimostrazione della sua identità jazz nonché della variopinta gamma tonale del suo layout fiatistico: viscerale, intenso, dirompente e dialettico, qui  come non mai impegnato com’è a confrontarsi con un nutrito quintetto di fiati. Arduo descrivere a parole l’ampio mosaico architettato dalla Davis per questa rilettura dando atto anche del prezioso contributo ritmico e fantasioso che Hollenback si inventa in una circostanza che lo vede orfano di un contrabbassista. Un’opera assolutamente da ascoltare per l’immensa essenza jazz di cui è intrisa.
http://scriveredijazz.blogspot.pt/2012/03/novela.html

Squid´s Ear review by Florence Wetzel

Tony Malaby – Novela (CF 232)
For his new CD Novela, saxophonist Tony Malaby made an interesting choice: he decided to cull six of his compositions from previous releases and present them afresh. This time he’s working with a new set of musicians and has greater intimacy with the tunes, but the biggest difference is that each piece has been given a fresh arrangement by pianist Kris Davis, who has channeled her inner Gil Evans in order to create exciting configurations that make the songs shine anew.

Malaby has plenty of experience playing with larger groups, including Charlie Haden’s Liberation Orchestra and Paul Motian’s Electric Bebop Band, and this knowledge has clearly informed his facility as a bandleader. He elicits excellent performances from Novela’s mega-powerful nonet, a group composed of Malaby on soprano and tenor sax, the excellent Michael Attias on alto sax, Andrew Hadro on baritone sax, Joachim Badenhorst on bass clarinet, Ralph Alessi on trumpet, Ben Gerstein on trombone, Dan Peck on tuba, Davis on piano and conducting, and John Hollenbeck on drums and percussion.

The first song, “Floating Head,” exemplifies the virtues of this CD. The music is fast, bold, and powerful, the arrangement full of delicious swoops of impeccably synchronized instruments. There are many delightful layers of sounds and textures in this song, many unexpected accents and shifts, but although the music is positively thick with ideas, everything is still tastefully executed. One of the pleasures of this piece is hearing Dan Peck’s tuba, an instrument that eminent arrangers such as Evans and Claude Thornhill used with great inventiveness; the tuba creates a rich bottom for the entire piece, stretching both the song and the listener’s ear. Davis is fabulous on piano: her angular, agile approach keeps the music on its toes and ignites the entire tune.

Mention must also be made of the excellent “Warblepeck.” It’s a playful, lilting song with funky sax work by Malaby and fabulous percussion by Hollenbeck. The arrangement incorporates a marvelous polyrhythmic drive, and includes some wild slippy-slidey horn work that creates a positively joyful cacophony.

At the first public performance of his Birth of the Cool nonet, Miles Davis broke tradition (as usual) by insisting that the sign in front of the club read: “Arrangements by Gerry Mulligan, Gil Evans, and John Lewis.” Likewise, it’s impossible to extol the virtues of Novela without noting: “Arrangements by Kris Davis.” It’s heartening to see that the art of arranging is still going strong in the jazz tradition, and Malaby’s excellent CD shines a light for others to follow.
http://www.squidsear.com/cgi-bin/news/newsView.cgi?newsID=1397

The Squid´s Ear review by Brian Olewnick

The Ames Room – Bird Dies (CF 231)
How do they do it? How does the Ames Room continue to wring substantial blood from that ancient stone? The stone in question being the moldering carcass of no-holds-barred free jazz, a lamented beast that has regularly suffered indignities these past couple of decades by well-meaning folk who insist on CPR maneuvers long after the entity has flat-lined. At least part of the answer has to do with discerning musicians who have wide experience in other genres honing in on the seriously vital sources of the music and dealing with the essences found there, not the superficialities. I recall talking with drummer Will Guthrie several years ago, exchanging our deep enthusiasm and love for the music of Roscoe Mitchell and this is certainly one of the foundation points in the music of the Ames Room.

This single track (46 minute) live performance from March, 2010 owes a good portion of its success to Guthrie, who creates waves of relentless rhythm, sounding liked an updated version of Ed Blackwell (perhaps with a trace of Ronald Shannon Jackson as well), never randomly thrashing always dead on point, not just prodding his band mates but thwacking them. His compatriots, Jean-Luc Guionnet on alto and Clayton Thomas on bass, are superb as well. Guionnet has also investigated that nexus between contemporary noise and free jazz (when he’s not conjuring unearthly sounds from old organs) and here just lays into the music in a manner reminiscent of Mitchell at his most ferocious (“Tkhke”, anyone?). The trio rages virtually non-stop, rarely flagging, seldom reiterating ideas, winging from one notion to another. Well, there are a few minutes about halfway in when one suspects they’re about to collapse from exhaustion but they soon enough pick things up and return with renewed vigor.

As fine a free jazz album as I can imagine being produced this second decade of the 21st century.
http://www.squidsear.com/cgi-bin/news/newsView.cgi?newsID=1414

The Squid´s Ear review by Brian Olewnick

Boris Hauf Sextet – Next Delusion (CF 238)
There’s been an interesting mini-trend in recent years, not often successful, wherein musicians active in the electro-acoustic improvisation scene seek to come to terms with avant jazz, usually an oil and water proposition. Saxophonist Boris Hauf, who has been active in the eai world for quite a while, has been experimenting in this vein over the past few years and manages, often, to negotiate this territory with an unusual nimbleness, probably derived from a clear great respect for certain rich traditions.

For Next Delusion, he assembles a sextet consisting of three reeds (himself, Keefe Jackson and Jason Stein) and three percussionists (Frank Rosaly, Michael Hartman and Steven Hess, the latter also contributing electronics). Hess, in fact, is also a member of Haptic, another group that, more obliquely, nods in the jazz direction. The massed reeds automatically summon memories of the World Saxophone Quartet and, indeed, one picks up traces of that seminal ensemble but to me, the guiding spirit from the jazz pantheon is Julius Hemphill specifically. Echoes of the sonorities found in Hemphill’s magnificent pair of recordings, Dogon A.D. and ‘Coon Bid’ness can be gleaned here as well as the overt use of staccato passages for punctuation.

“Gregory Grant Machine” really luxuriates in those rich strains, a dark, moody brew with the creamy reeds atop a broiling roast of percussion. Most of this music really lies more in a jazz milieu than otherwise, but the ambiance is informed by eai so that one pays more attention to the textures, the small sounds, the variations amongst the musicians on like instruments than one would have with Hemphill, where the overall effect and surge was the salient ingredient. Hauf pulls off the imposing trick of imparting something new to a genre long gone stale. He’s not always so successful; here and there the music meanders and the saxophonists fall back on busyness and over-saturation rather than restraint, resulting in more clutter than cohesiveness. But even at these points, there’s a lot to say for the sheer deliciousness of the reeds/percussion melding — it’s never less than sensuous and scrumptious.
http://www.squidsear.com/cgi-bin/news/newsView.cgi?newsID=1410