Pinkushion review by Fabrice Fuentes

cf-1213

RIDD Quartet – Fiction Avalanche (CF 121)
Le jazz venu de Brooklyn n’en finit décidément plus de nous ravir. Quelques semaines après la découverte de Rob Mosher (cf. ci-dessous), dans un tout autre style — plus déconstruit et formaliste — ce nouveau RIDD Quartet résonne déjà comme une formation majeure. Derrière ce nom énigmatique se cachent le contrebassiste Reuben Radding, le saxophoniste Jon Irabagon, le batteur Jeff Davis et la pianiste Kris Davis, déjà auteure cette année d’un indispensable Rye Eclipse. Difficile d’ailleurs de ne pas percevoir un jeu subtil d’échos et de correspondances entre ce disque et Fiction Avalanche : un même propos fait de fluctuations dynamiques, de motifs thématiques à peine esquissés et d’orientations contrariées traverse en effet les deux œuvres. Point de soliste à proprement parler, mais un mouvement d’ensemble imprévisible qui débaroule une pente escarpée, amassant sur son passage de multiples influences. Un rapide aperçu de leurs antécédents montre combien tout est affaire d’éclectisme chez les musiciens du RIDD Quartet : Irabagon (vainqueur récemment du prix Thelonious Monk) a joué pour Bright Eyes, Lou Reed, Ron Sexsmith, il est aussi membre du groupe post-bop déjanté Mostly Other People Do The Killin et a composé pour des compagnies de danse (Rioult Dance Company) ; Radding fricote avec certains as du free jazz contemporain (Roy Campbell, Daniel Carter, Rob Brown, Matthew Shipp) et intervient également au sein de diverses formations balkaniques ; quant au couple Davis, unis ou séparé, il évolue dans des univers ambivalents qui vont de la musique contemporaine au free jazz, en passant par le hard bop. Autant d’inclinaisons qui travaillent en profondeur Fiction Avalanche. Mais moins sur le mode de citations ou d’emprunts stylistiques ponctuels (à chaque style son morceau) que sur le versant d’une dramatisation reconduite (tous les styles peuvent inquiéter chaque morceau), à base de transgressions harmoniques ou tonales qui communiquent à l’album son caractère diffracté et proprement vertigineux.
http://www.pinkushion.com/enmarge.php3?id_article=3464

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