Daily Archives: October 22, 2012

Gapplegate Music review by Grego Edwards

Angles 8 – By Way of Deception, Live in Ljubljana (CF 256)
Today, the second of two Clean Feed Live at Ljubljana Jazz Festival disks covered this week (Monday I covered one by Igor Lumpert’s Trio). The Swedish large ensemble Angles 8 steps forward for their lively set Angles of Deception (Clean Feed 256). Martin Kuchen’s compositions, direction, and alto sax are what is primarily motoring this band, and they come across especially here with a kind of joyful Afro-riffing that shows the positive influence of Ornette, Sun Ra, the “ethnic” side of Don Cherry and the buoyancy of Pierre Dorge’s New Jungle Orchestra.   It’s Martin and seven other well-healed musicians from Europe (trombone, trumpet, baritone-soprano, alto, vibes, piano, bass and drums) igniting five of Kuchen’s pieces in a very lively manner.   All the front liners can solo and do so freely and sometimes collectively, while riffs and counterlines take off and rock the house.   It’s a first-rate band doing first-rate music. Afro-free jazz on fire! Be sure and get an earful of this one. It’s quite excellent, really. Encore!
http://gapplegatemusicreview.blogspot.pt/

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Culture Jazz review by Jean Buzelin

Joe McPhee / Ingebrigt Håker Flaten – Brooklyn DNA (CF 244)
Nous bouclons la boucle avec Joe McPhee qui cible précisément à l’année 1966 et le disque Blue Note de Don Cherry, “Where is Brooklyn ?“, auquel McPhee répond en 2011 par Here and Now ! On ne peut être plus clair. Les titres des morceaux renvoient explicitement aux clubs de ce célèbre quartier où jouaient Charlie Parker, Dizzy Gillespie, J.J. Johnson, Dewey Redman… sans oublier le fameux pont où s’installait Sonny Rollins. On appréciera, comme toujours, le jeu extrêmement sensible et prenant de McPhee, notamment au saxo-alto (il délaisse ici le ténor) et à la trompette de poche, son autre instrument de prédilection, et celui de Don Cherry. Il dialogue ici avec le contrebassiste norvégien Ingebrigt Håker Flaten, peu connu dans nos contrées mais parfaitement en osmose avec son partenaire. Une musique réfléchie qui ne manque ni de force ni de conviction, mais de la part d’un musicien aussi intègre, on ne pouvait en douter.
http://www.culturejazz.fr/spip.php?article1984#up

Culture Jazz review by Jean Buzelin

Steve Lacy Quintet – Estilhaços (CF 247)
Autre rareté à reparaître avec la reproduction de sa pochette d’origine — celle-ci, je l’avais en 33 tours ! —, un album d’un concert du quintette de Steve Lacy enregistré à Lisbonne en 1972. Si la notoriété de Steve Lacy n’a rien à voir avec la “non-carrière“ de Marzette Watts, ce disque est d’un grand intérêt malgré l’abondante production de son auteur. En effet, la musique de son quintette régulier n’était encore guère documentée à cette époque (Citons “Wordless“ – Futura GER 22, 1970, et “Laps“ – Saravah 10031, 1971).  Par contre, ses concerts étaient très prisés et cet enregistrement public constitue un excellent témoignage de son travail à l’époque, tant au niveau de ses compositions qu’il reprendra et retravaillera inlassablement, qu’à celui du groupe, toujours en perpétuelle évolution grâce à un personnel stable (seul Noel McGhie ne restera pas très longtemps). Si Steve Potts se montre toujours très tranchant à l’alto, c’est, là aussi, le collectif qui domine, avec au-dessus de la mêlée pourrait-on dire, le phrasé découpé et la sonorité pleine caractéristiques du jeu de ce musicien exceptionnel que fut Steve Lacy.
http://www.culturejazz.fr/spip.php?article1984#up

Jazzques review

Baloni – Fremdenzimmer (CF 237)
S’il doit nous emmener loin, le morceau d’ouverture («Lokomotive») nous attire plutôt par le fond. Il nous entraîne dans une longue et angoissante plongée abyssale. L’archet de Frantz Loriot (violon) se mélange aux crissements, tout aussi peu rassurants, de celui de Pascal Niggenkemper sur sa contrebasse. Le tout s’emmêle et s’entrelace au son de la clarinette de Joachim Badenhorst. Bienvenu dans Fremdenzimmer, de Baloni (chez Clean Feed)!

Fremdenzimmer, qui signifie «chambre d’hôte», pourrait ici ressembler ces endroits froids, inhospitalier et impersonnel qui servent de salles d’attente à tous les réfugiés ou demandeurs d’asile plutôt qu’à une chambre accueillante pour de simples touristes aventureux. C’est ce récit mystérieux, aux ambiances étranges et au malaise persistant, ce voyage dans l’inconnu et son lot de rencontres inattendues que le trio nous raconte. Et les trois musiciens (qui se sont rencontrés en 2008 à Brooklyn) ont fermement décidé de nous entraîner dans une histoire pour laquelle il vaut mieux mettre ses certitudes de côté.

Tout au long de l’album, les influences musicales se confondent. On passe du romantisme d’une musique de chambre à une musique minimaliste et avant-gardiste. On navigue constamment entre les improvisations très maîtrisées et des lignes mélodiques écrites avec précision.

Les timbres des différents instruments semblent parfois se rejoindre et, par moments, et il est très difficile de savoir «qui parle». Tantôt le jeu est nerveux et presque mélodique («Fremdenzimmer»), tantôt il est plus anarchique («Het Kruipt In Je Oren»), ou délibérément dépouillé («Wet Wood»). «Searching» est indécis et les questionnements de la clarinette basse trouvent des bribes de réponses dans les accords mouvants des cordes. Au silence angoissant de la nuit («4 PM»), succède un morceau presque dansant («27’10 Sous Les Néons»)…

Ce jazz très libre, fait appel à tous les sens et Baloni ne nous laisse jamais tranquille, il nous oblige à rester en éveil, à rester attentif.

Le moindre claquement de clarinette, la moindre friction de cordes et les plus infimes pizzicatos racontent un détail de l’histoire. Il ne faut rien manquer.

Le trio démontre ainsi qu’il est possible de rendre toujours accessible une musique «dite difficile» dans laquelle l’improvisation n’apparaît pas toujours aussi abstraite qu’on l’imagine… Il suffit simplement de bien vouloir l’entendre.

Si le voyage avec Fremdenzimmer n’est pas de tout repos, il est cependant fa-sci-nant d’un bout à l’autre.
http://jazzques.skynetblogs.be/archive/2012/10/20/baloni-fremdenzimmer.html