Lesdnj review by Sophie Chambon

CF 283Pascal Niggenkemper Vision 7 – Lucky Prime (CF 283)
Il y a assurément quelque chose de visionnaire dans ce nouvel album du très engagé label Clean feed qui s’aventure avec succès sur les terres de l’improvisation : un jazz qui se déclare résolument contemporain avec 7 musiciens engagés drivés par un leader volontaire. franco-suisse qui a adopté New York comme ville de résidence.

Dans un style pas nécessairement épuré, avant-gardiste, free, avec sons, (surtout pour moi dans certains passages calmes paradoxalement comme «Ke belle») où les cris et interjonctions, les montées orgasmiques annoncent l’orage du violent « Feuertreppe ». Les filles n’y vont pas de main morte d’ailleurs, à l’exemple d’Eve Risser qui malmène, martèle, brusque son piano (qui y est préparé). Il ya aussi les drôles de bruits de glotte d’Emilie Lesbros qui demande du scotch dans son coffee et brode sur un thème alcoolisé « I don’t know why but this morning »… happening où la vibraphoniste et le saxophoniste-clarinettiste tirent fort délicatement leur épingle du jeu.

C’est une session d’improvisation, avec des passages écrits mais qu’ importe aujourd’hui de discuter sur le partage entre écriture et ’improvisation. L’essentiel est ce que l’on ressent, entre silence, rage, fureur (?), lors de ces cadences post-modernes, industrialo-bruitistes, aux éclats métalliques d’ instruments devenus outils. L’archet est utilisé sur des pièces plus « calmes » en effet. Beaucoup de ruptures de rythme sur un même morceau peuvent déconcerter dans l’écoute en continu, mais on accepte les règles du jeu. Au sortir d’un moment « infernal », on entend soudain une plainte envoûtante, émouvante : on sort alors de ces images entre film d’horreur ou fantastique, on voit défiler la procession de pénitents d’un Munch, ou de carnavaliers de James Ensor. Est-ce le fait de ce casting européen, franco-belgo-allemand ? Idée qui s’exporte avec bonheur (aucune frontière pour semblable formation qui fit un passage remarqué à Jazz d’or 2011et enregistra à Vive le Jazz festivalau Loft de Cologne).

Ce n’est pas forcément sur ces chemins (fréquentés) des musiques actuelles que j’aime m’aventurer d’ordinaire mais l’écoute est stimulante et l’intérêt, sans doute décuplé, en live. L’aventure est tentante, on s’abandonne alors à ce « Lance di Lanze » qui fait découvrir par exemple l’alliage intéressant de la batterie souple et rebondissante du Berlinois Christian Lillinger avec les sons exacerbés de Frank Gratkowski. On aime aussi le bien nommé « Sortir de la colère » qui clôt délicatement cet album surprenant et chaleureux au final.
http://www.lesdnj.com/article-pascal-niggenkemper-vision-7-121370295.html

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