Improjazz review by David Cristol

CF 283Pascal NIGGENKEMPER VISION7 – LUCKY PRIME (CF 283)
Tout est permis! Tant mieux. Surtout quand la liberté porte de si beaux fruits. Cet album très « européen » (Belgique-Allemagne-France ; les titres ajoutant encore les langues espagnoles et anglaises à l’équation) est l’une des meilleures surprises de la fin 2013. La surprise ne vient pas du talent des musiciens présents, qui ne fait plus mystère, du vétéran Frank Gratkowski à un aréopage de la relève la plus pertinente en matière de musiques prospectrices actuelles, ni de l’édition de cette galette sous bannière Clean Feed, qui publie mois après mois merveille sur merveille. On retrouve dans la formation Vision7 deux membres du trio Baloni, dont le premier album, « Fremdenzimmer » était déjà sorti sur le label portugais voici deux ans. Le leader Pascal Niggenkemper ne s‘est pas précipité pour enregistrer le groupe, choisissant de ne le faire qu’après une période de « rodage » qui a donné aux musiciens le temps de faire connaissance et de trouver leur place au sein de l’ensemble. Bien lui en a pris. Cet album résulte de deux sessions rapprochées, l’une en concert et l’autre en studio, au Loft de Cologne. Une vitalité considérable, un appétit manifeste. Pour la qualité du son, on peut compter sur Walter Quintus, qui a élevé l’ingénierie acoustique au rang d’art. Les compositions sont du leader, pensées de sorte que l’improvisation individuelle et collective puisse s’y épanouir sans entraves ; les textes, lorsqu’il y en a, sont d’Emilie Lesbros, dont les interventions vocales tiennent autant de l’art dramatique que du chant. Agile sur carnet plein d’histoires (le titre a tout de la note d’intention), hilarante sur I don’t know why, but this morning (après le jazz libre, le jazz ivre ! Une pièce d’anthologie, toute en claudications expertes), lyrique sur un ke belle élégiaque ET mutin à la fois, batracienne puis romanesque sur sortir de la colère, Lesbros exprime ici bien des facettes de sa personnalité… Citons encore le plaisir de retrouver Frantz Loriot à son plus abrasif sur Feuertreppe… Quant à la vibraphoniste Els Vandeweyer, elle est la révélation de cet opus (en urgence). La musique se réalise dans une étonnante aporie : l’exécution, le jeu y sont d’une souplesse unanime, tandis que les structures et arrangements sont assez syncopés pour paraître de guingois. Tout ceci est absolument délicieux, d’une créativité à toute épreuve, l’utopie de Niggenkemper abordée avec le plus grand sérieux. Un vent révolutionnaire souffle sur la zone impro. Puisse ce « Lucky Prime » porter bonheur à tous ses membres, et à ceux qui lui prêteront une oreille.

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